Le trajet


Wednesday, December 26, 2012

La Chine, part 1

Nihao nihao, me revoilou



Je suis donc arrive en chine, apres presque 10 mois de voyage.
Au poste frontiere kirghiz, les officiers arretent un camion pour moi, le poste frontiere chinois etant a plus de 5 km. La frontiere a Irkeshtam est en effet le premier passage en terme de flux entre le Kirghizistan et la Chine, malgre son ouverture en 2002 seulement. Gros gros traffic de camions.

Nous sommes 2 pietons, un tadjik et moi. A la frontiere chinoise, re-camion pour le poste frontiere chinois. La, on attend. Les officiers chinois fouillent tres meticuleusement les bagages des voyageurs d’un bus. Le tadjik se fait fouiller son sac. Pas moi. On nous oblige a monter dans le bus. Pas possible de faire du stop pour rejoindre le 2e et principal poste-frontiere chinois avec le Kirghizistan (l’autre point de passage est Torugart). On paie. La route est mauvaise, le voyage est long, mais le paysage est joli.

Petite attente a un barrage
Au poste principal chinois, genre petit aeroport, moult controle des passeports. Des voyageurs se refont fouiller les affaires. Le tadjik aussi. Pas moi. Ils sont sans doute habitues a voir passer des routards, cyclistes pour la plupart. Et ont concsience du casse-tete que represente la fouille des affaires de ce type de voyageur. Perte de temps pour pas grand chose, peu de risque de traffic. Il n’empeche, c’est surprenant. Bon bref, c’est officiel, je suis en Chine. Je remonte dans le vieux bus-couchette qui va a Kashgar. Je m’etais presente a la frontiere a 9h, on arrive a Kashgar de nuit. Et comme a Osh, sans carte de la ville. Pas facile a priori. Mais avec le nom d’une guesthouse et un repere : la mosquee. Et ca se passe a nouveau tres bien.

Kashgar, cite mythique sur la route de la soie. On voit bien qu’on est en Chine, mais en meme temps on est ailleurs. On est tout simplement dans le Xinjiang, en pays ouighour. J’ai l’impression de ressentir quelque chose que je n’ai pas trouve ailleurs, quelque chose d’indescriptible, notamment sur la place du marche nocturne, ou l`on peut manger a des petits stands.

Marche nocturne
J’eprouve un petit depaysement par rapport aux pays en “an” (Kazakhstan...). Au bazar egalement : Star wars me vient aussitot a l’esprit. Avec les scooter electriques et leur bruit discret, on s’y croit vraiment.

Entree du bazaar


Une partie de la vieille ville

Apres 3 nuits passees dans cette ville ou la plupart des femmes sont voilees, certaines integralement, facon Afghanistan (ca participe egalement au depaysement), je prends le train. Je laisse la marche et me transforme en vrai touriste, allant de spot touristique en spot touristique, un peu comme en Turquie, mais je sens que ca va etre different. Je connais plus ou mois la reponse mais on va voir si ca me plait. 2eme etape apres Kashgar : Dunhuang, dans le Gansu.





J’ai en effet decide de laisser le Xinjiang et de visiter le Gansu. Je prends deliberement une place en “hard-seat” jusqu’a Turpan. Pour vivre cette experience, parait-il, inoubliable. 24h de trajet jusqu’a Turpan. Je prends un “hard-sleep” pour la 2e nuit de voyage de Turpan a Liuyan. Les hard seat portent bien leur nom : au bout d’une ½ heure j’ai deja mal au cul. Je suis avec des Ouighours et suis evidemment le centre d’interet. A l’heure de la priere, je laisse ma place : notre carre de banquette se transforme en mosquee. Je suis surpris par une chose : l’absence de poubelles. Tout va par terre, ou accessoirement par la fenetre. Le personnel du train passe donc regulierement le balai et la serpillere. C’est une facon de faire...

Dans le train
Controle d’identite dans le train. Comme si ca ne suffisait pas a la gare...
Le voyage se passe finalement pas si mal, le temps passe tranquillement. Je ne dors pas beaucoup certes (difficile de passer une bonne nuit en effet), mais j’ai peu sommeil de toute facon. C’est sans compter sur la meteo. 2 heures avant Turpan, le train s’arrete dans une petite gare... et ne repart pas. On attend 7 heures, sans savoir pourquoi (c’est en fait a cause du vent).

Finalement, ma 2e nuit, je la passe en grande partie en hard-sleep. Ca commence a devenir dur... Encore moins dormi. On arrive a Turpan vers 4h30 du mat. J’ai evidemment loupe ma correspondance. 2 heures d’attente dans le hall de gare glacial pour prendre un nouveau billet. Je retrouve un neerlandais rencontre a Kashgar, cyclo avec sa copine. On se fait la meme reflexion : c’etait si simple de marcher, ou de rouler...

Je n’ai pas le choix, il n’y a plus de hard-seat, ce sera une couchette. C’est con pour un voyage de jour. Mais j’en profite pour faire une petite sieste. La difference avec le hard-seat est enorme. Quel calme ! Ce n’est pas la meme clientele. Le relationnel du personnel aussi est different.
Mon “chinois” revient bien (on oublie vite). C’est agreable de pouvoir parler un peu en arrivant dans un pays, pour mieux “profiter” et faire profiter les locaux. Les gens rencontres en debut de pays n’avaient pas de chance, leur curiosite ne pouvait etre vraiment satisfaite. Et c’est moins galere aussi.




Mes hotes, le temps d`un petit-dejeuner
J’arrive a Luiyuan en debut de soiree. La je joue l’acharne. Des taximen nous sautent dessus mais j’avais prevu de camper, pensant qu’il n’y aurait pas de bus pour Dunhuang a cette heure. Je n’avais pas pense au taxis, mais je reste sur ma position, malgre un vent plus que frisquet, ne voulant pa me precipiter. Il s’avere que camper est difficile. Je squatte un batiment en ruine. Le lendemain, un couple me voit et m’invite a prendre le petit-dej chez eux. Bouillon de patates et d’agneau avec des mantou fait maison (petit pain cuit a la vapeur). L’homme me conduit ensuite a la gare et gere le prix du taxi pour moi, le bus etant deja parti.




A Dunhuang, 2 sites majeurs : les dunes de Mingsha et le lac du Croissant de Lune a 5 km au sud de la ville et les grottes de Mogao a 25 km. Je manque de tomber a la renverse devant le prix du ticket d’entree des dunes. Et oui, faut payer pour voir des dunes ! Et c’est un peu cher pour marcher sur du sable... Mais le site est protege ; et passer outre l’entree serait un desastre pour la flore fragile. Ca vaut quand meme le coup, pour cette petite experience de desert.



  L’entree aux grottes de Mogao est encore plus cher. Pour vous donner une idee, ca correspond a 4 nuits d’hotel bon marche, ou de 20 a 35 bols de nouilles selon ce que l’on choisit. C’est completement disproportionne. Mais vu l’infrastructure construite, comme aux dunes,  pour acceuillir le flot de touristes (chinois en grande partie), il faut rentabiliser. Une meilleure explication m’est donne plus tard : les grands sites touristiques chinois sont certes assaillis, mais ce serait pire si c’etait peu cher. C’est une sorte de tri, pour eviter une certaine degradation trop rapide. Je vous laisse decouvrir sur le net Mogao Ku. Je suis un peu decu de la visite mais c’est un lieu riche d’histoire, de culture et de vie.

Derriere moi, partie des grottes non visitable, creusees dans la falaise

 






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